06 avril 2010

. Now Comes The Noise That Will Make You Sin .

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   « […] Cet homme de la mauvaise conscience s’est emparé de l’hypothèse religieuse pour pousser son propre supplice à un degré de dureté et d’acuité effrayant. Une dette envers Dieu : cette pensée devint pour lui un instrument de torture. Il saisit en « Dieu » ce qu’il y a de plus contraire à ses propres instincts animaux irrémissibles, il interprète ces instincts mêmes comme dette envers Dieu (hostilité, rébellion, révolte contre le « maître », le « père », l’ancêtre et le principe du monde), il se place au beau milieu de l’antithèse entre « Dieu » et le « diable », il jette hors de lui-même toutes les négations, tout ce qui le pousse à se nier soi-même, à nier la nature, la spontanéité, la réalité de son être pour en faire l’affirmation de quelque chose d’existant, de corporel, de réel, Dieu, Dieu saint, Dieu juge, Dieu bourreau, l’Au-delà, le supplice infini, l’enfer, la grandeur incommensurable du châtiment et de la faute.

    C’est là une espèce de délire de la volonté dans la cruauté psychique, dont à coup sûr on ne trouvera pas d’équivalent : cette volonté de l’homme à se trouver coupable et réprouvé jusqu’à rendre l’expiation impossible, sa volonté de se voir châtié sans que jamais le châtiment puisse être l’équivalent de la faute, sa volonté d’infester et d’empoisonner le sens le plus profond des choses par le problème de la punition et de la faute, pour se couper une fois pour toutes la sortie de ce labyrinthe d’ « idées fixes », sa volonté enfin d’ériger un idéel – celui du « Dieu très saint » – pour bien se rendre compte en présence de cet idéel de son absolue indignité propre.

Quelle bête triste et folle que l’homme ! »               -  Nietzsche, Généalogie de la morale.

    Depuis quelques temps, j’essaie de ne plus être masochiste. De ne plus me flageller à la moindre incartade, à la moindre remarque gratuite que je fais consciemment. Bien sûr, on n’arrête pas aussi facilement six ans de mutilations physiques et psychiques en un claquement de doigts, en une décision prise sur un coup de tête. Je veux aller au-delà de cette fouille malsaine que j’exerce sur mes pensées, les scènes que j’invente et qui me font suffoquer. Je voudrais en finir avec cette colère qui me vient comme une bouffée de chaleur. J’essaie. Pas exactement une nouvelle lubie, un objectif, peut-être, quelque chose qui me fera aller mieux. Que le voile qui strie ma vue s’efface, que je puisse voir le monde sous une nouvelle forme, pas plus optimiste, non, plus réaliste, seulement. Un jour je jetterai mes épaules en arrière, ne me tiendrai plus courbée. Je prendrai ta nuque et t’arracherai un baiser violemment tendre, te montrerai que grâce à toi, ton amour qui me pousse vers le haut, vers une autre qui sera moi et que j’apprécierai bien plus.

    J’ai testé, il y a longtemps, la profonde haine envers le monde et moi-même. Et cette « cruauté » que je retournais contre moi, j’en ai encore les marques indélébiles, les cauchemars ou les irrégulières cicatrices. J’expiais quelque chose. Ma nature, je crois ? Je rejetais tout mon être en bloc, le haïssais et le marquais pour mieux m’en détacher, pour mieux appeler à l’aide, sans doute. Je tenais à la vie pour pouvoir me racheter sur mes fautes. Je rêvais de devenir un objet muet, invisible. J’ai encore, parfois, cette sensation de n’avoir pas besoin d’exister, d’être perceptible. J’aime rester assise et écouter des conversations, observer des visages. Même si maintenant, cette impression désagréable d’être un fantôme dont personne ne se soucie s’estompe. Tout n’est pas encore guéri. Mais je progresse, indéniablement.

   J’ai remplacé ma rancune envers moi contre un amour plus fort et plus vrai de jour en jour. Une passion pour une autre passion. Malgré tout, je continue de penser que je suis une victime. Je me transforme lentement en personne indépendante (quoique), je n’ai plus autant besoin de vous, mais j’ai toujours plus besoin de toi. Cette exclusivité m’inquiète, mais je sais qu’elle est présente dans ma nature, et que je ne peux rien faire contre cette possessivité, cette jalousie qui me ronge parfois. Regarde, mon amour, c’est un dialogue que j’ai instauré ici. Est-ce la solution pour ce que je ne sais pas te dire ? Un dialogue que tous peuvent lire ? Est-ce de l’exhibition ? Je voudrais faire quelque chose de qualité, progresser toujours plus pour que, lorsque tu lis mes mots, ta jolie bouche soit béante d’admiration. Je voudrais que tes doigts s’égarent sur mes hanches, que tu me dises combien tu m’aimes et mes mots sont émouvants. J’ai testé mes limites. J’ai mis un pied au-dehors, j’ai connu la jouissance, le péché suprême, et j’en ris. Je ne veux pas refouler mes désirs. Je suis fière de pouvoir me réveiller le matin, de faire le compte sur ce que je fais et dont je n’ai absolument pas honte. Je ris à la face des dieux. Je saurai lentement me défaire de ces chaînes, trop lourdes, trop encombrantes pour mon esprit flottant. Personne ne m’enlèvera mes rêves, mes fantasmes, mes désirs et mes objectifs. Le poids des traditions, des religions dont je ne fais même pas partie, le poids de l’éducation, aussi, j’arriverai à les dissoudre, à tout réduire en cendres. Alors, du haut de mes talons, je balaierai les saletés et te rejoindrai.

En riant.

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« Blocking ears has no use
Twist the knob, turn up the pain
Sensual, to the extreme
carnal pleasure that will ring
here is the beat that will make you sin

Music to Ears (
Bullet in cradle
)
Chaos to Mind (
Fingers on String
)
Disease to Body (
Lips on Barrel
)
---BANG! (
Make you Sin) »

Angelspit - Make you Sin (Here, listen.)

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Posté par Dim-Scene à 20:04 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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